FEUILLE GOMME CRAYON

VARIANCE POLYCHROME

Sep
25

Polychrome| Bashôchanlique |

Aube fébrile

Solitude éveillée,

Et demain encore

| Célianique |

Une journée de plus à vivre… Il ne faut pas croire que ça m’excite. Je n’ai pas envie de café. Ils agissent tous pareils mais ne se parlent pas. En fait, ils sont déjà morts dans leur tête…

Mon logement est près du dispensaire de Bezons. J’ai deux rendez-vous ce matin. Je les connais par cœur. Ils craignent les nouvelles du médecin… Ça fait déjà quinze ans qu’ils comptent leurs derniers jours. Je ne partage pas leurs malheurs.

Les gens ne pensent qu’à se goinfrer. Ils accumulent par peur de manquer. Un jour ils comprendront… Je mange une pomme en réfléchissant à tout ça. Je jette le trognon et le regarde tomber. Combien de jours avant la putréfaction ???

Je dois aller chercher un livre chez l’antiquaire. Je ne l’aime pas. Il est rustre et sans finesse. Mais ses livres ils ne sont pas mal… Y a-t-il encore des gens pour les lire ? La tristesse a tué leurs passions…

La vie s’éteint avec la lune. Chaque soir on pense aux projets de demain. Suis-je le seul fou à croire en leur inutilité ??? Tout est sordide, gravir des marches en pensant arriver à quelque chose, l’oubli restera maître de nos actions…

| Lévydotique |

Il est 9h, un mardi comme les autres qui me fait penser que je n’ai pas encore bu mon café. J’allume la bouilloire et feuillette les nouvelles du jour. Il n’y a rien de vraiment intéressant, quelques chats perdus ou abandonnés.

Je dois passer à la pharmacie avec l’ordonnance de mon médecin. Je dis toujours bonjour en entrant, par politesse. Aujourd’hui il y a une cagnotte pour les enfants autistes. Je sors une pièce de mon portefeuille et je la donne.

J’adore aller manger chez “Tata Magette”. Ils gagneraient à être connus car les plats sont vraiment bons. Et en plus pas très chers. Je discute avec quelques habitués des fameux chats perdus. Je mange une tarte aux pommes. Encore une fois, je félicite la patronne.

Je marche un peu pour digérer et en passant dans un parc, je me dis que c’est un bon endroit pour lire un livre. Je me mets vite à l’action et constate que ma lecture est agrémentée par quelques écureuils. Amusant.

Le soir quand je rentre chez moi, je pense à toutes ces belles choses qui ont égayées ma journée. J’allume la télévision pour me divertir et me laisse entraîner par une émission culinaire. Pendant la publicité je regarde par la fenêtre, c’est la pleine lune.

| Boobalique |

Le matin quand je me réveille, il a y toujours deux femmes qui sommeillent. Je n’ai jamais eu besoin de café, je bien suis assez fort pour assurer. N’oublie pas la confiture, je réponds présent et elle est dure.

Quand le médecin prend ma tension, sur son petit cul elle sent la pression. Pas besoin de faire toc-toc, je la prends direct avec son stéthoscope. Les abdos c’est toujours utile, quand tu contractes elle sautille.

Dans ce monde pas de solution, faut arrêter de réfléchir et placer ses pions. Tu m’as déjà vu manger une pomme ? Regarde-moi bien, je suis un bonhomme. Je me nourris avec de l’oseille, tais-toi je n’ai pas besoin de tes conseils.

Les livres c’est pas mon truc, pas besoin de ça pour m’appeler le duc. Alors prend bien tes précautions, car mes pensées n’ont pas d’attention. Accroche bien tes lunettes, le roi du monde sans dieux ni maîtres.

Je peux acheter la lune, t’inquiète pas c’est juste une question de thunes. Je n’ai pas besoin de dormir, devoir prendre des cachetons me fait sourire. La vie c’est comme une pute, tu la baises ou elle te nique comme une brute.

| Hessiatique |

Il se regarde dans le miroir le matin et il constate qu’il devient homme. Il se demande subitement s’il guide ou est guidé par la vie. A nouveau, il perçoit son reflet dans la lueur du café matinal. Étrange coïncidence. Un signe du destin ?

Il doit aller rendre visite à un ami qui est médecin. Il emprunte toujours un chemin un plus long. Il éprouve un besoin de respirer l’air de la campagne car il irrigue ses pensées. Constater la beauté des arbres lui fait esquisser un sourire.

Il a emporté son déjeuner dans son panier. C’est sa tante qui le lui a préparé, une femme remarquable, dommage qu’elle ne soit pas à ses côtés. En épluchant sa pomme il se voit en train d’éplucher le monde et rêve de pouvoir le décrypter.

En laissant partir son regard et ses pensées, il découvre un livre posé à quelques mètres. Un éclair de béatitude lui parcourt le corps et il s’empresse d’aller le ramasser. Il décide de faire durer le plaisir et de le consulter dans un lieu plus propice.

En rentrant, il éprouve une fatigue mentale aiguë. N’aurait-il pas du aller rendre visite à sa sœur ? Tiraillé, le temps l’emporte avec lui. Tard dans la nuit, il regarde la lune en attendant un signe et l’embrasse. Il y a encore tellement de choses à apprendre.

| Chinaskoolique |

j’ai envie de CHIER. alors je pose mon cul sur le trône. je me demande comment fait l’émail pour endurer. faut vraiment que j’ARRETE de manger comme ça, un jour je pourrai mal m’en tirer. je bois un café et dégueule par terre. froid c’est VRAIMENT pas mon truc !

mon médecin m’a prévenu, si je continue à boire mes jours sont comptés. il m’emmerde à la fin, j’ai quand même le droit de mourir, MOI. à sa mort, je lui enverrai un poème pour lui souhaiter bonne chance. et j’en suis SUR !

j’ai dépensé tout mon fric aux courses et dans l’alcool, je me nourris UNIQUEMENT de pommes. c’est ce que j’ai trouvé de moins cher. pas étonnant que j’ai la chiasse. une dame m’a dit qu’elle voulait faire pareil, que j’étais un EXEMPLE. j’ai rien dit.

faut que j’aille voir mon éditeur. faut que je me reprenne, je suis vraiment au FOND. pas eu de nouvelles de mes deux derniers manuscrits, il y a peut-être moyen d’en tirer quelque chose. sans lui je suis MORT, faut que je me remette à écrire.

de toute façon j’y arriverai pas. je me décapsule une bouteille et m’affale sur le lit. je pense à une PETITE qui doit passer ce soir. la dernière fois elle voulait absolument regarder la lune. elle, au moins, elle est PENARD. je m’en ouvre une AUTRE.

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